Vue d'ensemble des démarches de régularisation du séjour en France
Etranger en situation irrégulière - faisons le point sur l’ensemble des démarches de régularisation du séjour en France
La régularisation du séjour en France désigne
l’ensemble des procédures permettant à un étranger en situation irrégulière —
ou en situation précaire au regard du droit au séjour — d’obtenir un titre de
séjour. Ces démarches reposent essentiellement sur les dispositions du Code
de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA),
complétées par la jurisprudence et par les pratiques administratives propres à
chaque préfecture.
Plusieurs fondements peuvent être invoqués : vie
privée et familiale, travail, raisons médicales, asile,
ainsi que la procédure dite d’admission exceptionnelle au séjour (AES).
I. Les principales voies de régularisation : cadres juridiques et critères
A. La régularisation pour “vie privée et familiale”
La carte
de séjour « vie privée et familiale » est l’une des voies les plus courantes de
régularisation. Elle peut être sollicitée par :
●
les parents d’enfant(s) français ;
●
les conjoints de Français ou partenaires
engagés dans une relation durable ;
●
●
les personnes présentes depuis
L’administration
évalue notamment :
●
la durée et la stabilité des liens
en France ;
●
l’intensité émotionnelle et matérielle des
relations familiales ;
●
●
les ressources et l’insertion sociale.
L’appréciation
est au cas par cas, même si elle est encadrée par des critères légaux et
jurisprudentiels.
B.
Régularisation
par le travail
La
régularisation au titre de l’emploi peut prendre deux formes :
●
Voie « admission exceptionnelle au séjour »
(article L 435-1 CESEDA) ;
●
Voie métiers et zones en tension (article L
435-4 CESEDA) ;
Les
préfectures examinent :
●
la réalité du contrat de travail ou de la
promesse d’embauche ;
●
la durée de présence et d’activité en France.
o 7
ans de présence pour l’admission exceptionnelle depuis la circulaire Retailleau
o
3 ans de
présence ininterrompue en France pour les métiers en tension
Douze mois d’exercice dans le métier en tension, consécutifs ou non, au
cours des vingt-quatre derniers mois
●
La première option semble ouverte à toutes les
catégories de métier tandis que la seconde est réservée strictement aux métiers
en tension : liste
fixée par décret
●
L’applicabilité des règles d’opposabilité de
l’emploi
●
L’adéquation du poste aux qualifications,
diplômes et expériences de l’employé.
C. Régularisation
pour raisons médicales —“étranger malade” (L425-9 à L425-10 CESEDA)
Le CESEDA
prévoit la délivrance d’un titre lorsque l’étranger ou son enfant :
●
souffre d’une pathologie grave,
●
ne peut bénéficier dans son pays d’origine d’un traitement
approprié,
●
ou se trouve dans une situation compromettant
gravement son pronostic vital.
L’avis
médical est instruit par l’OFII (médecins agréés) ou par les services de
santé compétents. La préfecture ne décide qu’après réception de cet avis
technique.
D.
Autres
voies : regroupement familial, mariage, asile
1.
Regroupement familial
Régime
strictement encadré (conditions de ressources, logement, stabilité du séjour du
demandeur). Il permet uniquement aux personnes déjà en situation régulière
d’être rejointes par leurs proches.
2.
Mariage / PACS avec un Français
La
conclusion d’un mariage ou d’un partenariat avec un ressortissant français peut
ouvrir droit à un titre « vie privée et familiale ». L’administration vérifie
la sincérité de la relation et peut conduire des enquêtes en cas de
doute.
3.
L’asile
Procédure
autonome, instruite par l’OFPRA puis, en cas de contestation, par la CNDA. Elle
aboutit à un statut protecteur (réfugié, protection subsidiaire).
E.
L’admission
exceptionnelle au séjour (AES)
L’AES
constitue une voie de régularisation discrétionnaire : le préfet peut
mais n’est jamais tenu d’accorder un titre.
A part les
démarches pour obtenir un titre salarié, elle s’applique notamment :
●
aux personnes pouvant justifier d’une présence
durable en France ;
●
aux situations humanitaires particulières
(violences, isolement, vulnérabilité, victimes de proxénétisme etc.)
II.
Procédures
pratiques : dépôt, instruction et décision
A.
Dépôt
de la demande
Selon les
préfectures, les démarches se font :
●
via plateformes en ligne,
●
ou par dépôt physique
B.
Pièces
justificatives
Elles
varient selon le motif, mais incluent le plus souvent :
●
documents d’identité ;
●
preuves de présence en France (factures
nominatives, attestations d’hébergement) ;
●
actes d’état civil (mariage, PACS, naissance
d’enfant) ;
●
documents professionnels (contrats, fiches de
paie) ;
●
certificats médicaux ;
●
justificatifs d’intégration (associations,
langue et diplômes, scolarisation des enfants, etc.).
C.
Instruction
du dossier
La
préfecture :
●
vérifie les documents,
●
interroge éventuellement d’autres services
(inspection du travail, OFII, ARS),
●
peut demander des compléments.
D.
Décision
Trois
issues existent :
- Accord et délivrance d’un titre ;
- Refus motivé ;
- Refus assorti d’une OQTF (obligation de quitter
le territoire).
III.
Les
recours en cas de refus ou d’OQTF
Les voies
de recours sont essentielles, d’autant que les refus s’accompagnent souvent
d’une OQTF.
A.
Recours
gracieux ou hiérarchique
Le recours grâcieux est à adresser à la préfecture qui a émis le refus.
Le recours hiérarchique, quant à lui, est à adresser au ministère de
l’Intérieur.
Ce recours
est utile pour compléter un dossier mais n’interrompt généralement pas les
délais de recours contentieux.
B.
Recours
devant le tribunal administratif
Le délai
de droit commun est de 30 jours, mais peut être réduit dans le cas :
●
d’une OQTF sans délai,
●
d’une assignation à résidence,
●
d’une procédure accélérée.
Le juge
administratif peut être saisi en référé lorsqu’une urgence existe
(risque d’éloignement imminent).
IV.
Conclusion
La
régularisation du séjour en France repose sur un ensemble de dispositifs très
diversifiés, mêlant droit écrit, jurisprudence et pratiques administratives.
Pour ne
pas vous retrouver en mauvaise posture, nous vous conseillons de vous faire
accompagner par un professionnel de la matière dès le commencement de vos
démarches. Un tel accompagnement vous permet non seulement de comprendre
vos options et éviter les démarches les moins viables. Mais aussi d’anticiper
les éventuels recours.
N’hésitez pas à nous contacter pour toute question
https://brelier-kouame-avocat.com/contact/
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